Observations
La fresque placée dans l’hémicycle s'organise en deux parties. La partie basse est liée au sacrement de l'eucharistie et la partie supérieure présente le Christ triomphant entouré de la Vierge et de saint Jean-Baptiste. Huit anges portent les objets et les vêtements destinés à la célébration eucharistique. De gauche à droite, on trouve un missel, une croix associée à un ciboire et à un encensoir, un calice, une chape et une étole, une aube et un manipule, une patène, deux burettes et une corbeille contenant une hostie et deux pains. Chacun des anges est revêtu d'une aube blanche et deux d'entre eux portent des ornements liturgiques associés aux objets qu'ils présentent. Dans la partie gauche, l'ange qui présente le ciboire est vêtu en diacre : il est revêtu d'une dalmatique (tunique à manches courtes, en forme de croix) et d'une étole portée croisée. Le ciboire signifie que dans la liturgie, le diacre est spécialement affecté à la communion du vin consacré. Dans la partie droite, l'ange situé en vis-à-vis du précédent est vêtu en prêtre : une chasuble et un voile huméral utilisé pour porter dans les mains la patène symbole de l'eucharistie et de la communion.
Au centre de cette procession d'offrande, un autel céleste est peint juste au dessus du tabernacle du maître-autel. L'autel est formé d’une table à quatre pieds à moitié cachés par les drapés de la nappe qui le couvre. Au centre de celle-ci, une Bible ouverte présente cette inscription en occitan extraite d'un psaume (110, 4) qui invoque le Christ comme souverain prêtre : Ès prèire per l'eternitat segon l'òrdre de Melquisedèc
Tu es prêtre pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech
Un bandeau court sous la procession d'anges avec l'inscription suivante en occitan :
As pas volgut ni sacrifici ni oblacion, pracò m'as format un còrps,
t'an pas agradat ni olocaustes ni sacrificis pel pecat.
Alara ai dit : Aici som.
Tu n’as voulu ni sacrifices ni offrandes, mais tu m’as formé un corps
tu n’as accepté ni holocaustes ni sacrifices pour le péché, alors j’ai dit : « Me voici »
Dans la partie supérieure de l'abside se tient le Christ entouré de la Vierge et de saint Jean-Baptiste, assistés par deux anges céroféraires (ou porteurs de cierge). Le Christ est le personnage le plus majestueux et le plus grand. Installé sur un trône, il est placé au centre de la fresque, au-dessus de l'autel et de la Bible ouverte. Vêtu d'un vêtement bleu, il bénit de la main droite et tient un volumen de la main gauche. Sur les trois branches de la croix de son auréole, on peut lire les trois lettres grecques o ω n qui signifient « Celui qui est éternel ». De part et d'autre de l'auréole, sont peintes les lettres IS et XS pour Jésus Christus. Le tout est entouré d'une mandorle elle-même placée dans une nuée au-dessus de laquelle descend du ciel l'Esprit-Saint représenté par une colombe. Dans la partie supérieure, Dieu le Père est représenté par une main placée dans un triangle d'où partent des rayons lumineux et la colombe de l'Esprit-Saint. Ces trois entités, Jésus-Christ, l'Esprit-Saint et Dieu le Père forment la Trinité qui désigne Dieu : trois entités en une seule.
La Vierge Marie est représentée à la gauche du Christ, vêtue de rouge et de bleue est tournée vers son fils. Les initiales MP et θY sont les premières et dernières lettres grecques des mots Μητηρ θεου qui signifient « Mère de Dieu ». Saint Jean-Baptiste, patron de l'église, est figuré à droite du Christ, vêtu d'une tunique tissée en poils de chameau avec les initiales qui le désignent : Sts Joannes pour Saint Jean.
A gauche du sanctuaire une fresque relate la naissance de saint Jean-Baptiste, telle qu'elle est décrite dans l'évangile selon saint Luc. Sur la fresque, sainte Élisabeth Ŕ sancta Elisabeth – est installée sur un lit où elle vient d'accoucher. Au-delà d'une barrière sur laquelle est placée un drap, Zacharie Ŕ sanctus Zacharias -, son époux, tend une tablette sur laquelle est inscrit le nom de Johannes Ŕ Jean. Le nouveau-né, représenté sous la forme d'un enfant d'environ 3 ans, est placé dans un baquet d'eau en bois dans lequel une servante lui fait prendre son bain. Sous cette fresque, quatre enfants de choeur sont peints à taille réelle, entre la porte de la sacristie et le pilastre du sanctuaire. Vêtus d'une aube blanche ceinte d'un cordon rouge, ils assistent silencieusement à la célébration de la messe, les bras croisés pour le premier, une corbeille de raisin à la main pour le deuxième et avec une miche de main pour le suivant. Le quatrième, plus petit en taille et plus jeune que les autres, se montre plus distrait par un chat blanc avec qui il joue en agitant son cordon ! Chacun de ces enfants de choeur représentent des enfants de la paroisse qui servaient la messe en 1954 : voici leurs noms par ordre de taille : Robert Batigne (né en 1942, de Batut), André Priou (né en 1939, de Jonquières), Raymond Batigne, frère du précédent (né en 1944, de Batut), Henri Bonhomme (né en 1945, de Jonquières). Aujourd’hui encore, ces hommes se souviennent avoir pris la pause alignés une après-midi durant, le temps que le peintre face son oeuvre avant que l'enduit frais ne sèche.
À droite du sanctuaire se trouve également une fresque qui entoure le vitrail. Il représente la scène de la Décollation (mort par décapitation) de saint Jean-Baptiste, telle qu'elle est relatée dans les évangiles de saint Marc et de saint Matthieu. Sur la fresque, Hérode Ŕ écrit Herodes - est peint en haut à droite, portant couronne assis à une table de banquet, une coupe de vin à la main. À ses pieds, la fille d'Hérodiade appelée Salomé est figurée à moitié nue, telle une fille de mauvaise vie. Elle porte des chaussures à talons, une jupe à frou-frou et le haut du corps à peine caché par un châle laisse voir toute la sensualité de cette fille qui tente le roi Hérode. Elle danse cheveux au vent, un tambourin à la main, arbore de nombreux bijoux, ses seins nus et son nombril à peine cachée, le regard tourné vers Hérode. À ses pied gît le corps de saint Jean-Baptiste, les mains liées - Corpus Sancti Johannis – dont la tête placée dans un plateau est portée par un serviteur qui tient se sa main gauche l'instrument du supplice.